Maison de la Réserve Naturelle du Lac de Remoray - www.maisondelareserve.fr
Jura en hiver
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Danse, danse le Jura

Gérard Benoit à la Guillaume et Pascal Borgo
du 25 juin au 25 septembre 2005

Gérard Benoît à la Guillaume vit à cheval sur la frontière franco-suisse du Jura ; cette montagne en partage est devenue tout naturellement pour lui un terrain privilégié d'investigations.
Les images pépites (celles qui sont à la fois belles et bonnes) sont rares ; savoir qu'elles existent quelque part est un excellent moteur de déclenchement. A la façon d'un orpailleur, Gérard Benoît à la Guillaume tamise les patrimoines régionaux qu'il s'approprie, tout en cultivant leurs différences.
Ses photographies ludiques, graphiques, «arty», et son goût pour les beaux livres orientent sa pratique et ses choix vers des travaux d'édition au long cours.

Le sens du travail d'après Gérard Benoît à la Guillaume

"Parmi les nombreuses manières de photographier, ce sont les aspects esthétiques et ludiques qu'il me plaît de cultiver.
Si ma démarche se défend de tout intellectualisme, l'idée de la photographie conçue comme défi technique ou témoin impartial du réel me déplaît tout autant.
Deux questions m'importent : comment fixer, dans la petite fenêtre sélective du viseur, la cascade de sensations qui me traverse au moment de la prise de vue ? La seconde question découle de la première : comment mentir le mieux possible ? Si tant est que nous estimions, avec Joan Fontcuberta, que "la photographie ment parce que sa nature ne lui permet pas autre chose. L'essentiel devenant l'usage que fait de ce mensonge le photographe, les intentions qu'il sert, le contrôle qu'il exerce sur son mensonge" (Le baiser de Judas, photographie et vérité).
Dans l'interprétation des sujets, on peut s'apercevoir de ma reconnaissance pour les travaux d'Arman, de Christo, d'Andy Goldworthy, des frères Robert, de Niki de St-Phalle ou de Tinguely.
Suggérer plus que montrer, surprendre, interroger, amuser, voici ma pratique "arty" de la photographie brute de déclenchement.
Domicilié dans la montagne du Jura, c'est naturellement qu'il me plaît de valoriser son patrimoine transfrontalier.
De Porrentruy en Suisse (Canton du Jura) à St-Rambert-en-Bugey en France (département de l'Ain), mes "chouchous" se succèdent : Viaduc de Cize-Bolozon, Bellecombe, Fort-l'Ecluse, Château de Joux, Val de Travers, La Brévine, le Creux du Van, la Chaux-de-Fonds... mais aussi la lunetterie, la Montbéliarde, l'horlogerie, le bois, le déneigement, les fromages, les boules neigeuses (!)... et ses habitants."

Gérard Benoît à la Guillaume


Les ombres blanches de Pascal Borgo

"La genèse et la vie des ombres blanches sont le fruit de la rencontre de ma vie professionnelle et de mes activités plastiques artistiques.
Je m'intéresse depuis toujours au mouvement humain (j'ai enseigné l'éducation physique et sportive). En 1998, j'ai été marqué par une chorégraphie avec des éléments de décors mobiles en tôle ondulée galvanisée. A cette époque, j'apprenais la sculpture depuis 5 ans à l'atelier « sculpt'à Bourg »; les approches y étaient très diversifiées et permettaient toutes les ouvertures. J'ai pratiqué les techniques d'assemblage à partir de divers matériaux sans négliger le travail académique à partir du modelage. Dans cette association, j'ai côtoyé un artisan graveur et tailleur de pierre qui m'a permis de travailler la pierre, et en particulier des plaques de marbre et de granit : des 3 dimensions spatiales, je suis revenu à un travail en plan plus proche du dessin. J'ai eu ensuite l'occasion de récupérer une tôle ondulée à moitié rouillée et j'y ai découpé à la scie sauteuse un premier petit personnage : Lucy, j'avais bien l'intention de lui donner une famille ou une descendance.
Cela a commencé en 2002, quand une équipe de l'atelier sculpt'à Bourg a été contactée pour créer une expo à l'occasion de la semaine de la musique et de la danse à Bourg en Bresse. Au magasin de matériaux de construction où j'allais chercher à cette fin des tôles galvanisées, j'ai trouvé des plaques de polyester ondulé plus légères et plus riches du point de vue de la lumière. A partir de dessins libres ou inspirés par les photos publicitaires, de mode, artistiques, j'ai réalisé quelques personnages échevelés, j'en ai maintenant 150 et je continue à en produire épisodiquement.
Au gré des expositions, ils vivent, se blessent ou meurent. Leurs blessures sont pour la plupart dues à l'usure du temps et aux avatars de la météo. Parmi les rares dont le sexe était visible, certains ont subi des mutilations de la part d'humains qui, s'ils commettent ces actes sont probablement mutilés quelque part ? Tous ces accidents ne sont pas trop graves : le clonage est possible. De toute façon, aucune oeuvre, aucune chose, aucun matériau n'est éternel, l'éternité c'est l'affaire de la mémoire des hommes. Voir nos traces à travers le temps, l'ombre des morts à travers les vivants."

Pascal Borgo

Avec la participation de :

Communauté de Communes du Mont d'Or & des deux Lacs Imprimerie Camponovo Bouchard Corinne Salvi