Maison de la Réserve Naturelle du Lac de Remoray - www.maisondelareserve.fr
Jura en hiver
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Eclectisme

Guy Cretin
du 13 mai au 25 juin 2006

RemorayC'est à Levier, petit village du Haut-Doubs que Guy Cretin voit sa libération. Le 26 juin 1945, il glisse à l'air libre et pousse son premier cri. Il n'aura de cesse de reproduire alors la lumière qui ce jour-là s'imprime dans sa rétine.

Son enfance se déroule à Ornans, cette petite ville construite sur des pilotis de chaque côté des rives de la Loue. Il n'est donc pas étonnant que, très vite, entraîné par la beauté du site comme l'a été avant lui Gustave Courbet, le jeune Guy, muni d'un crayon à bois et d'un carnet, se plaise à serpenter fréquemment la campagne environnante. Là peuvent ainsi naître et s'épanouir les deux passions qui ne le quitteront plus : la marche et le dessin. C'est ainsi que lors de ses longues promenades solitaires, il enchaîne essais et croquis et appréhende au plus profond le monde de la nature.
Ferme Il découvre alors le clair-obscur des sous-bois touffus et la matière compacte, légère, drue, rugueuse, volatile et éphémère.

En 1957, sa famille quitte ce paysage escarpé pour emménager dans la petite ville de Pontarlier. Il y retrouve le blanc de l'hiver, le vert de l'été - ce fameux vert qu'il manie si bien - et découvre le gris de la ville lors des jours pluvieux. Il change ainsi de dimension, devient adolescent, son quotidien s'accélère... Il s'enflamme logiquement pour une troisième passion : l'automobile.

Les années soixante-dix encouragent le sens même de sa passion. Il faut dire que depuis, deux petits moteurs sont apparus dans sa vie... Il devient donc tour à tour, père et membre des Artistes français et, pendant trois ans expose à ce titre : bien sûr dans sa ville d'adoption, mais aussi à Besançon, Lyon, Cologne, jusqu'au Grand Palais à Paris.
Sur la table du salon trône une main en bronze, un peu plus loin dans une autre pièce se dresse, métallique, un immense insecte. J'ai coutume de déposer ma main de chair dans la main de fer, j'ai coutume de ne pas trop m'approcher de l'immense insecte. Un jour, j'apprends que c'est lui qui les a faits. Je suis surprise, je suis fière. Je n'ai plus peur de l'insecte.
Pendant que je prends connaissance du relief, il va sans dire que ses perspectives s'élargissent.

Maisons coloréesDevenu évidemment dessinateur puis architecte, habitant toujours Pontalier et ses alentours, Guy Cretin conserve intacte ses passions, et obient, en 1971, le deuxième prix du paysage au salon international de Deauville pour sa toile intitulée « Sapins et lac Saint-Point ».
Ayant ainsi désormais cueilli le concret, il découvre l'abstrait.

Enchaînant les toiles comme les voyages, marcheur invétéré, il puise son inspiration et ses réflexions dans la palette des routes diverses qu'il parcourt, du chemin de Compostelle au désert du Sahara là où le silence est propice à sa réflexion. Et pour moi qui le connais bien, je sais pertinemment que son inspiration et ses réflexions naissent aussi de la palette infinie des pensées et des projets qui le tiennent constamment dans l'action.
Un sac à dos énorme vissé sur les épaules, je le vois régulièrement partir afin de fouler à pied des contrées où nous l'accompagnons en pensées, depuis chez nous, en suivant du doigt l'itinéraire sur une carte.
De tout cela, il découvre les contrastes et les accords, les affres et les ravissements.

CompostelLes années quatre-vingts voient la naissance du troisième moteur qu'est notre petite soeur et, comme de juste, mon frère est cette fois-ci sélectionné pour exposer ses créations de meubles au salon « At home with France » à Chicago, inauguré alors par le ministre du commerce extérieur, Edith Cresson, et du maire de la ville ci-nommée. Non loin, Philippe Starck y présente aussi ses oeuvres.
Là bas, il découvre l'immensité et le détail, le flou d'une ville imposante et la précision de la substance.

Les années quatre-vingt-dix n'entachent pas sa passion. Fréquemment, il se dirige vers son atelier et en ressort heureux, apaisé.
Il crée des peintures souvent très chargées en matière et travaillées au couteau, des toiles souvent changeantes selon son état d'esprit, tour à tour figuratives ou abstraites.
Cette exposition et le livre qui l'accompagne retracent donc son voyage immobile...

Frédérique Cretin


Avec la participation de :

France Bleu Besançon Imprimerie Camponovo Bouchard Communauté de Communes du Mont d'Or & des deux Lacs Corinne Salvi