RNN du Lac de Remoray - Plan de gestion 2010-2014 - www.maisondelareserve.fr
Comprendre le plan de gestion 2010-2014
Vue du belvédère des deux Lacs
Le lac de Remoray

Le lac de Remoray

Description du milieu et intérêts écologiques

Barques de pêcheBarques de pêche
Situé à 850 m d'altitude, le lac de Remoray d'une profondeur de 27 mètres s'étale sur 99 hectares. Ce joyau du Haut-Doubs est très émouvant par sa quiétude et son côté sauvage.
Comme la plupart des lacs jurassiens, il doit son origine au creusement des roches marno-calcaires lors des dernières glaciations, il y a plus de 10 000 ans. En fondant, ces glaciers ont abandonné marnes et moraines, dont l'imperméabilité a permis l'installation d'un lac sur toute la vallée. Beaucoup plus tard, le Doubs apportera de nombreux matériaux au niveau de l'actuel village de Labergement Sainte Marie et partagera ce lac en deux : Saint Point et Remoray.
L'accès au lac est règlementé, sur la base de loisirs de Labergement Sainte Marie, la baignade est autorisée avec néanmoins quelques restrictions (se reporter aux panneaux d'entrée dans la RN).

Etat et diagnostic flore

Chara intermedia Chara intermedia
Le lac de Remoray possède une flore tout particulièrement intéressante d'un point de vu patrimoniale même si elle n'est pas très spectaculaire par sa physionomie.
En effet, les feuilles de Potamot à feuilles de graminée (Potamogeton gramineus), espèce protégée au niveau régional ne sont pas forcément bien connues du grand public mais méritent d'être mentionnées. Tout comme, le Potamot de Ziz (Potamogeton x zizii) et le Potamot à feuilles mucronées (Potamogeton friesii) qui sont des espèces inscrites sur la liste rouge franc-comtoise.

Charetum intermediae Charetum intermediae

Une mention particulière donnant au lac de Remoray le statut d'être floristiquement un des lacs les mieux préservés du massif jurassien est la présence de plusieurs espèces de charas. Les charas sont des espèces immergées qui ressemblent à des algues. Deux espèces sont d'intérêt patrimonial. La première Chara strigosa forma jurensis se cantonne seulement au massif du jura et la deuxième, Chara intermedia, récemment identifiée serait la seule donnée certaine du territoire français.

Etat et diagnostic poissons

Actuellement, le peuplement piscicole du lac de Remoray est constitué essentiellement de l'association typique des 7 espèces les plus fréquentes dans les lacs à corégones du Jura : corégone, perche, gardon, tanche, brochet, rotengle. Le goujon et le chevesne sont plus anecdotiques, tandis que la carpe (introduite) et la truite de lac (en régression) restent exceptionnelles.
4 espèces sont protégées au niveau nationale :
Corégone (Coregonus lavaretus)Corégone (Coregonus lavaretus)
- le corégone : introduit dans le lac Saint-Point en 1947 (sujets prélevés dans le lac de Neuchâtel), il a colonisé spontanément le lac de Remoray. Sa densité, limitée par l'intensité de la durée de la désoxygénation des fonds du lac en fin de stratification estivale, est inférieur au potentiel optimal espéré. De ce fait, le corégone constitue un excellent bio-indicateur de la qualité des transferts trophiques dans l'écosystème lacustre.
- le brochet : l'abondance du brochet semble en progression dans le lac de Remoray, depuis la restauration de la Drésine et l'alimentation de la gestion du niveau du lac Saint-Point, qui détermine celui de Remoray.
Vandoise (Leuciscus leuciscus)Vandoise (Leuciscus leuciscus)
- la truite de lac : en régression depuis plusieurs décennies, à cause des perturbations subies par les ruisseaux tributaires (rectification, curages, pollution organique et chimiques). La restauration progressive de la qualité physique du système d'afférences du lac, combinée à la cessation progressive des activités polluantes devraient permettre la reconstitution de la population de cette belle forme de truite.
- la vandoise : d'importantes populations peuplaient les deux lacs jusque dans les années 1960. Un exemplaire a été observé en 2001, sur la Drésine.

Etat et diagnostic insectes

Nymphe au corps de feu Nymphe au corps de feu
Pyrrhosoma nymphula
Avec ses 99 hectares, le lac constitue le cœur des zones humides de la réserve naturelle. Au niveau des insectes, la connaissance est surtout importante pour les libellules (Odonates). 47 espèces ont été observées dans cet espace protégé (soit la moitié des espèces françaises !) dont une grande partie sur le lac de Remoray.
Les populations sont très conséquentes pour de nombreuses espèces : Libellules à quatre taches, Cordulies bronzée et métallique, Sympetrum sanguin, Agrions jouvencelle, gracieux, porte-coupe, élégant et la Naïade aux yeux rouges. Ces espèces sont observées par centaines, lors des belles périodes !

Leucorrhine à front blanc (Leucorrhinia albifrons) - J. Claude Leucorrhine à front blanc
(Leucorrhinia albifrons)
Mais l'espèce prioritaire est la Leucorrhine à front blanc (Leucorrhinia albifrons), espèce protégée en France car extrêmement rares. Deux populations sont présentes dans notre pays : l'une en Gironde, l'autre sur les montagnes du Jura. Une belle population a été découverte sur le lac en 2006 (une cinquantaine de mâles) et fait l'objet depuis d'un suivi annuel.
Avec la vallée du Drugeon, la réserve naturelle est le seul site au niveau national à accueillir les 4 espèces de leucorrhines françaises.