RNN du Lac de Remoray - Plan de gestion 2010-2014 - www.maisondelareserve.fr
Comprendre le plan de gestion 2010-2014
Vue du belvédère des deux Lacs
Les marais

Konik dans le marais

Description du milieu et intérêts écologiques

Chevaux konik dans le maraisChevaux konik dans le marais
En géographie, un marais est un type de formation paysagère, au relief peu accidenté, où le sol est recouvert, en permanence ou par intermittence, d'une couche d'eau stagnante, en général peu profonde, et couvert de végétation.
La végétation des marais est constituée d'espèces adaptées au milieu humide. Sa composition varie selon la hauteur de l'eau, l'importance des périodes d'assèchement, et selon le taux de salinité.
Les marais se forment dans des zones mal drainées par le réseau hydrographique, à sous-sol imperméable. Situés dans des zones peu accidentés, soit à proximité de cours d'eau ou de la mer.

L'écosystème des marais
Trèfle d'eau (Menyanthes trifoliata)Trèfle d'eau (Menyanthes trifoliata)
L'eau d'un marais peut être fraîche, stagnante, ou plus ou moins salée.
Les marais abritent une importante vie sauvage. Poissons et amphibiens s'y reproduisent et s'y nourrissent des millions d'insectes qui émergent de ces eaux peu profondes. Hors de l'eau, ces insectes serviront aussi de ressource alimentaire aux oiseaux et chauves-souris jusqu'à plusieurs kilomètres de la zone, jouant un rôle considérable sur la faune locale.
Aujourd'hui les marais abritent ainsi de très nombreuses espèces rares ne vivant que dans les marais, comme le Trèfle d'eau (Menyanthes trifoliata), une grande diversité de carex pour la flore, le Butor étoilé, les Marouettes ou la Sarcelle d'été pour les oiseaux.

Valorisation des marais par l'homme
Depuis longtemps, l'homme a asséché bon nombre de marais, difficiles à exploiter et réputés insalubres. L'impact sur la faune et la flore mais aussi sur le cycle de l'eau est aujourd'hui considérable et la plupart des milieux humides qui n'ont pas été détruits font l'objet aujourd'hui de mesures de protection.
Dans la Réserve Nationale du lac de Remoray, le marais constitue autour du lac, une richesse essentielle. De nombreuses espèces paraissant ici très abondantes, sont souvent d'une grande vulnérabilité, voir rareté sur le plan national.

Etat et diagnostic flore

Œillet superbe (Dianthus superbus)Œillet superbe (Dianthus superbus)
Le marais abrite une vingtaine d'espèces patrimoniales. La plus emblématique par sa splendeur est sans aucun doute, l'Œillet superbe (Dianthus superbus), espèce protégée sur l'ensemble du territoire français.
Deux autres espèces inscrites sur la liste des espèces protégées au niveau national sont largement présentes dans les marais de la réserve naturelle. Il s'agit de la Grande Douve (Ranunculus lingua), plante appartenant à la famille des boutons d'or et de la Polémoine bleue (Polemonium caeruleum).
Grande Douve Grande Douve
Grande Douve (Ranunculus lingua)
Polémoine bleue Polémoine bleue Polémoine bleue (Polemonium caeruleum)
Les marais de la réserve naturelle sont également parsemés de cinq espèces inscrites sur la liste des plantes protégées en Franche-Comté :

- le Séneçon à feuilles en spatule (Tephroseris helenitis)
Séneçon à feuilles en spatule Séneçon à feuilles en spatule

- la Fritillaire pintade (Fritillaria meleagris)
Fritillaire pintade Fritillaire pintade

- l'Orchis de Traunsteiner (Dactylorhiza traunsteineri)
Orchis de Traunsteiner

- la Grassette commune (Pinguicula vulgaris)
Grassette commune Grassette commune

- la Laîche cespiteuse (Carex cespitosa)
Laîche cespiteuse Laîche cespiteuse En plus de ces espèces faisant l'objet d'arrêtés ministériels, d'autres espèces inventoriées au sein des marais sont inscrites sur la liste rouge franc-comtoise.

Etat et diagnostic oiseaux

Grèbe huppéGrèbe huppé
Aux deux extrémités du lac, les zones humides abritent des habitats très diversifiés, synonyme de grande richesse biologique. Pour les oiseaux, les espèces les plus remarquables de la réserves naturelle y sont inféodées.
En bordure du lac, roselières et cariçaies hautes permettent la nidification d'espèces nichant à proximité de l'eau. La Foulque macroule, les Grèbes castagneux et huppés construisent leurs nids flottants sur l'eau. Spectaculaires pendant les parades nuptiales, ces oiseaux assurent l'ambiance sonore des lieux, de jour comme de nuit. Plus loin de l'eau et plus secrètes, d'autres espèces cherchent au contraire à y cacher leur nid : le Canard colvert, les Fuligules morillon et milouin et la Sarcelle d'été, nicheuse rare découverte dans la réserve naturelle depuis 2008. Dans les roselières à phragmites, quelques passereaux spécialisés (paludicoles) accrochent leur nid aux tiges de phragmite : apparue en 1990, la Rousserolle effarvatte voit ses effectifs augmenter pour atteindre actuellement une vingtaine de couples. Plus rares à notre altitude, la Rousserolle turdoïde et la Locustelle luscinioïde commencent à êtres observés autour du lac. La réserve naturelle constitue pratiquement le seul site franc-comtois pour la Locustelle luscinioïde, qui est devenue une espèce prioritaire.
Bécassine des maraisBécassine des marais
Plus éloignées encore du lac et à l'abri des fortes variations de niveau d'eau, les cariçaies accueillent d'autres espèces prioritaires : la Marouette ponctuée au « tuit » explosif émis surtout en tombée de nuit, la Bécassine des marais chevrottant en vol sur ses lieux de reproduction, le Vanneau huppé aux parades nuptiales spectaculaires et le Râle d'eau aux cris de cochons si particuliers. Ces 4 espèces font partie des espèces prioritaires pour la réserve naturelle, et leurs effectifs sont suivis chaque année.
Tarier des présTarier des prés
Plus loin encore du lac, des vastes secteurs de bas-marais (tourbières alcalines) sont fréquentés par quelques passereaux spécialisés : la Locustelle tachetée et les Tarier pâtre et des prés. Le Tarier pâtre est une acquisition récente (2004) de l'avifaune de la réserve naturelle. Il a rejoint le Tarier des prés, espèce vulnérable dont la population oscille entre 10 et 20 couples. La présence de saules en bordure de cours d'eau permet la présence de la Rousserolle verderolle, dont une population très importante exploite les marais de la réserve naturelle.

Etat et diagnostic insectes

Cuivré de la bistorteCuivré de la bistorte
Comme pour les oiseaux, les marais constituent également les secteurs les plus riches pour les insectes.
Les papillons diurnes sont particulièrement bien suivis depuis une quinzaine d'années, essentiellement dans les secteurs de bas-marais (tourbières alcalines). Plusieurs espèces protégées au niveau national sont présentes :
- Cuivré de la bistorte (Lycaena helle) : ce petit papillon merveilleux de couleur apparaît tôt en saison, dès le mois de mai. Il affectionne particulièrement les lisières des saules où les mâles se posent fréquemment pour chercher les femelles. Comme son nom l'indique, il est lié à la Renouée bistorte. Pour l'instant, les populations sont conséquentes sur les marais de la réserve naturelle.
Damier de la Succise (Euphydryas aurinia)Damier de la Succise (Euphydryas aurinia)
Fadet des tourbières (Coenonympha tullia)Fadet des tourbières (Coenonympha tullia)
Damier de la Succise (Euphydryas aurinia) : quelques semaines plus tard apparaît le Damier de la Succise, espèce inscrite à l'annexe 2 de la Directive habitats. Très rare dans la réserve naturelle il y a une dizaine d'années, l'espèce semble aujourd'hui en progression.
- Fadet des tourbières (Coenonympha tullia) : ce papillon est un des plus rares en France, en grand danger de disparition. Il fréquente les zones humides riches en linaigrettes. Sa population est très fragile dans la réserve naturelle, avec quelques individus seulement observés chaque année.

Cuivré écarlateCuivré écarlate
D'autres espèces typiques fréquentent également ces secteurs humides : le Nacré de la Sanguisorbe (Brenthis ino), le Moiré franconien (Erebia medusa), la Mélitée noirâtre (Melitaea diamina), le Fadet de la mélique (Coenonympha glycerion) et le Cuivré écarlate (Lycaena hyppothoe).

L'étude des syrphes, commencée en 2009, a permis de belles découvertes dans la réserve naturelle. C'est en bas-marais qu'on été trouvées plusieurs espèces nouvelles pour la France :
- Neoascia unifascita
- Pipizella mongolorum (espèce de Sibérie et de Montgolie !)
- Platycheirus amplus

Criquet ensanglantéCriquet ensanglanté
Concernant les orthoptères, plusieurs espèces intéressantes exploitent les zones humides :
- le Conocéphale des roseaux (Conocephalus dorsalis), fortement menacé d'extinction,
- le Criquet palustre (Chortippus montanus), en régression mais très bien représenté dans les marais de la réserve,
- le Criquet ensanglanté (Stetophyma grossum), avec de très grosse population localement.