RNN du Lac de Remoray - Plan de gestion 2010-2014 - www.maisondelareserve.fr
Comprendre le plan de gestion 2010-2014
Vue du belvédère des deux Lacs
Les ruisseaux et rivières

Ruisseau des Vurpillères

Description du milieu et intérêts écologiques

Depuis 1997, le gestionnaire de la réserve naturelle avec ses partenaires (scientifiques, DREAL, Agence de l'eau, ONEMA, associations de pêche), ont impulsé un vaste programme de restauration de cours d'eau : Vurpillières (1997), Drésine (1999/2000), ruisseau de Remoray (2001). 2011 devrait voir la dernière grosse restauration de la partie aval du Lhaut, en attendant l'éventuel redémarrage des réflexions sur le Doubs.

La totalité de ces cours d'eau avait été effectivement fortement altéré par l'homme depuis quelques décennies (Vurpillières, Doubs, ruisseau de Remoray) ou plusieurs siècles (Lhaut, Drésine). Ces rectifications anciennes engendraient :
- l'enfoncement du lit des cours d'eau,
- l'abaissement du niveau des nappes,
- une banalisation de la flore,
- une forte colonisation par les ligneux,
- l'assèchement des fraies de batraciens,
- la régression des oiseaux et insectes liés aux zones humides.

La restauration (reméandrement) de ces cours d'eau ont provoqué des gains biologiques très importants et souvent spectaculaires :
- linéaires des cours d'eau multiplié par 1,7 à 2,
- nette augmentation de la hauteur de la lame d'eau, notamment en étiage,
- reconstitution des réserves hydriques et de l'humidité du marais,
Variation du niveau d'eau avant et après travaux aux VurpillièresVariation du niveau d'eau avant et après travaux aux Vurpillières

- rafraîchissement des températures aquatiques estivales,
- gain important d'espèces d'invertébrés aquatiques (notamment plécoptères, trichoptères, éphéméroptères),
- augmentation des populations de poissons (de 2 à 10 fois)
- forte attractivité retrouvée pour les populations d'oiseaux, de batraciens et d'insectes
- retour de la flore typique des zones humides...

L'expérience des Vurpillières a montré que les gains biologiques étaient perceptibles peu de temps après les travaux, mais qu'il fallait compter une dizaine d'années pour une reconstitution totale des potentiels biologiques.

En terme de qualité, si les ruisseaux des Vurpillières et du Lhaut semblent aujourd'hui dans un bon et excellent état de conservation, la Drésine et le ruisseau de Remoray présentent toujours un statut de conservation très défavorable et défavorable lié aux atteintes encore existante sur le bassin versant.

Etat et diagnostic flore

La flore des rivières de la réserve naturelle n'a jamais fait l'objet d'étude spécifique.

Etat et diagnostic oiseaux

Martin pêcheur(Alcedo atthis)Martin pêcheur(Alcedo atthis)
Dans notre région, les trois espèces liées au cours d'eau sont présentes dans la réserve naturelle :
- le Martin pêcheur ne niche pas dans la réserve naturelle, les milieux de nidification (berges abruptes où l'oiseau creuse son nid) n'étant pas présent sur le site. La « flèche bleue » est surtout présente de l'été jusqu'à la prise des eaux par la glace.
- la Bergeronnette des ruisseaux animent le petit cours d'eau aux eaux vives. Sa nidification est sporadiquement observée aux Vurpillières, le long des ruisseaux de Remoray ou de Saint-Théodule.
- le Cincle plongeur est le plus exigeant et le mieux adapté au rivières, dans lesquels il plonge et marche sous l'eau pour capturer les insectes aquatiques. L'espèce est présente sur le Lhaut et la Drésine, mais la nidification s'opère en amont des limites de la réserve naturelle.

Etat et diagnostic insectes

L'inventaire des Plécoptères, Tricoptères et Ephéméroptères de la réserve compte actuellement 80 espèces. Ce chiffre considérable est essentiellement lié au travail remarquable effectué sur les Vurpillières par Jean-Paul REDING, qui étudie depuis 1993 l'effet du reméandrement sur les communautés d'insectes aquatiques.

Le résultats du travail mené en 2007 (dix ans après restauration) montrent que le ruisseau a désormais retrouvé son type originel de ruisseau de tourbière alcaline avec sa faune aquatique caractéristique. Le nombre d'espèces est passé de 25 en 1993 à 48 en 2007. Les espèces d'eau plus chaude ont été éliminées au profit d'espèces spécialisées d'eau froide, typiques de ces milieux. 8 années auront été nécessaires à la recolonisation des espèces typiques, évolution qui n'est pas encore achevée actuellement.

10 espèces sont actuellement considérées comme rares et patrimoniales sur le site.